Déplacer des minutes, ça ne fait pas bouger les élèves

10 avril 2019

La Fédération du personnel de soutien scolaire (FPSS-CSQ) vient de remettre au Ministre de l’Éducation, ses commentaires à l’égard du Projet de règlement sur le calendrier scolaire et le temps prescrit[1].

Cette modification du Régime pédagogique de l’éducation préscolaire, de l’enseignement primaire et de l’enseignement secondaire aura un impact au niveau du personnel de soutien scolaire et du personnel de l’éducation.

Raisons du changement

La FPSS-CSQ aurait apprécié rencontrer le ministre de l’Éducation pour connaitre ses motivations qui l’amènent à modifier ces éléments du Régime pédagogique. Grâce aux médias, nous avons pu apprendre que le ministre de l’Éducation désire augmenter les activités physiques chez les jeunes.

Par contre, nous pensons qu’il existe d’autres manières d’y arriver que de modifier la durée des récréations. En voici quelques-unes.

Activités parascolaires

Si nous voulons accrocher les jeunes à l’école, ils doivent avoir le goût d’y aller et les activités parascolaires y jouent un rôle primordial.

Des ressources nécessaires

Pour améliorer l’offre d’activités parascolaires, il faut l’ajout de ressources diverses au niveau du personnel de soutien scolaire, tel que des techniciens en loisirs, des techniciens en éducation spécialisée, des techniciens en travaux pratiques, des techniciens en informatique et bien d’autres.

Les techniciens en loisirs peuvent réaliser de grandes choses, mais on doit leur en donner les moyens, ce n’est pas avec une moyenne de 0,6 technicien en loisirs, en équivalent temps plein, par école secondaire, qu’on peut y arriver[2].

Service de garde

Le service de garde contribue à la réussite éducative de l’élève en lui permettant de prendre des pauses entre les périodes d’enseignement pour revenir en classe dans de meilleures dispositions pour l’apprentissage.

Diminuer l’heure du diner

Pour les écoles qui ont déjà deux récréations de 15 minutes, le matin et l’après-midi, l’ajout de 10 minutes par jour semble minime, mais il faut modifier l’horaire des élèves. Les établissements qui décideront de débuter plus tôt le matin ou de terminer plus tard en fin de journée devront harmoniser leur horaire avec celui du transporteur scolaire, ce qui ne sera pas facile pour tous les établissements.

C’est la raison pour laquelle nous pensons que plusieurs milieux décideront de réduire l’heure de diner de 10 minutes.

Pour les élèves qui fréquentent le service de garde, on déplacera 10 minutes à l’heure du midi, au moment où ils avaient l’occasion de faire de l’activité physique, pour le faire le matin ou l’après-midi. Il ne s’agit pas d’un ajout de minutes, mais seulement d’un déplacement. Étant donné la forte fréquentation des services de garde au primaire, ce n’est pas cette modification qui fera la différence.

Proposition

Il serait plus approprié de confier les périodes de surveillance des récréations à des personnes qui pourront s’y consacrer pleinement.

Ainsi, des surveillantes d’élèves, des éducatrices en service de garde ou des techniciennes en éducation spécialisée pourraient superviser les deux périodes de récréation, ce qui permettrait au personnel enseignant de se consacrer à d’autres tâches. En raison de leur surcharge de travail, cette aide serait sûrement appréciée. Par contre, il faudrait en vérifier l’impact au niveau des enseignantes et des enseignants.

Nous pensons qu’il existe d’autres moyens pour atteindre les objectifs au niveau de l’activité physique et de la réussite éducative. Toutefois, si cela demeure le scénario envisagé, il faudrait attribuer les tâches reliées à la surveillance et à l’animation des élèves au personnel de soutien scolaire.

Déplacer des minutes, ça ne fait pas bouger les élèves, ça ne fait que les déplacer!

[1] Commentaires sur le projet de règlement sur le calendrier scolaire et le temps prescrit – FPSS-CSQ – 5 avril 2019 – http://fpss.lacsq.org/app/uploads/2019/04/FPSS-CSQ-Commentaires-sur-le-Projet-de-r%C3%A8glement-sur-le-calendrier-scolaire-et-le-temps-prescrit.pdf

[2] Données PERCOS 2016-2017

Éric Pronovost, président de la FPSS-CSQ